Appel à contributions
« Représentations »
Approches comparatistes et pluridisciplinaires


Argumentaire :

Peu de mots connaissent une telle diversité d’acceptions que celui de représentation. Pourtant, quelle qu’en soit la forme – plurielle ou singulière – ou la discipline qui s’en saisit, la représentation procède invariablement d’une médiation.
Terme hautement polysémique, les représentations se figurent chez le sociologue Émile Durkheim à l’échelle sociale, celle des représentations collectives. Substrats du sens donnant au réel une signification le constituant en réalité propre à chaque groupe, les représentations agissent comme un cadre donnant sens à l’expérience, et s’enrichissant lui-même de cette dernière. Pour le dire autrement, elles « assure[nt] une relation entre deux systèmes d’objets réels ou mentaux renvoyant l’un à l’autre » (Vignaux, 1988, p. 206). Elles sont à la fois perceptions et fruits mûrs du vécu et d’une mémoire collective, formes composées de l’expérience collective et forces génératrices d’actions et de réactions.
En science politique, on regarde la représentation davantage à l’aune de l’intermédiaire par lequel le pouvoir est exercé. En d’autres termes, la représentation se génère par le moyen de l’élection ou du tirage au sort (Sintomer, 2007), donnant au corps politique le moyen de son expression. De là provient la thématique si contemporaine de la « crise de la représentation » – thème de la somme comparatiste de Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif (1995) –, sujet éculé et pourtant inépuisable recouvrant le déficit de représentativité allégué des gouvernants quant à un sous-groupe constitutif de la population concernée : minorité politique, ethnique, religieuse, etc.
Les significations que lui donnent la littérature, les Arts et les Lettres ne sont pas si éloignées des deux précédentes. À partir de La Poétique d’Aristote, Erich Auerbach (1946) et Paul Ricœur (1983) ont traité de la mimèsis comme opération littéraire double, de représentation et d’interprétation de la réalité. En des termes plus généraux, la représentation se traduit tantôt par une abstraction d’un réel perçu – on parlera alors de la représentation d’un pays ou encore d’une époque chez tel auteur –, tantôt dans le rôle joué par un personnage incarnant des traits singuliers ou des formes d’agir. Cette confluence disciplinaire se manifeste d’ailleurs dans le recours à la métaphore théâtrale d’un Thomas Hobbes dans Le Léviathan, lorsqu’il fait face à cette question de la représentation (Dockès, 2003). Le droit, enfin, ne manque pas de faire usage du terme, d’en repenser parfois les contours. Ainsi de la fonction médiatrice du juge, des institutions plus largement, ou plus spécifiquement encore du mandataire dont la marge de manœuvre vis-à-vis du représenté peut varier grandement selon que son mandat relève du droit privé ou bien du droit public, ou que le mandat soit dit impératif ou bien représentatif.

Axes suggérés (non exhaustivement) :
– Images, imaginaires, figurations
– Écart entre réel et représentation
– Sociologie de la représentation
– « Crise de la représentation »
– Représentation(s) et identité
– Mémoires, pratiques et lois mémorielles
– Représentations factuelles et fictionnelles
– Relation représentant/représenté(s)
– Fonctions de la représentation et agentivité
– Représentation(s) et transparence
– Modalités de la représentation, élections, tirage au sort, référendum et démocratie directe

Règles du processus et fonctionnement :
– L’appel est ouvert exclusivement aux « jeunes chercheurs », compris comme étudiants, doctorants et chercheurs postdoctoraux de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales.
– Les propositions doivent être transmises avant le 30 novembre à l’adresse suivante : ajcc.ctjc@gmail.com
– Elles doivent comporter un titre et un résumé (350-500 mots) consistant en la présentation générale du sujet (sur quoi travaillez-vous), l’énoncé des questions de recherche et hypothèses (que voulez-vous montrer), de la méthode employée (comment vous y prendrez-vous) ; enfin, la proposition doit s’inscrire dans une démarche comparatiste en justifiant des cas sélectionnés et du choix de cette démarche.
– La proposition devra être accompagnée de votre nom complet, de la ou des disciplines dans laquelle/lesquelles vous êtes inscrit ou diplômé, du nom de l’Université d’accueil et du laboratoire de rattachement, le cas échéant.
– Les propositions acceptées seront réputées retenues en vue du numéro thématique des Cahiers Tocqueville des Jeunes Chercheurs et donneront lieu à des articles soumis à la révision par les pairs.
– Les articles en eux-mêmes devront compter entre 7 000 et 10 000 mots. Les étudiants de la licence/baccalauréat au mastère/maîtrise peuvent bénéficier d’un format spécifique, compris entre 3 000 et 6 000 mots.
– Une fois transmis, les articles seront anonymisés et transférés à un comité de relecture composé d’un étudiant au doctorat et d’un titulaire d’un doctorat qui disposent des compétences nécessaires à son examen. Comme d’usage, ce comité émettra un avis et proposera des corrections s’il y a lieu.
– L’article sera consultable en libre-accès sur notre site, sous licence Creative Commons BY-NC-SA. Cela signifie que l’article pourra être partagé et réutilisé, en partie ou en intégralité, à condition qu’il soit fait crédit de son auteur, de la source originale, et que les règles d’accessibilité correspondent à celles de notre revue : pour toutes et tous, gratuitement, et sans générer aucun profit.

Date limite de proposition des articles : 30 novembre 2020.
Date limite de soumission des articles : 31 mars 2021.



L’Association des Jeunes Chercheurs Comparatistes a le plaisir de vous annoncer la publication du deuxième volume des Cahiers Tocqueville des Jeunes Chercheurs.



Une revue comparatiste pour les jeunes chercheurs

Jeunes doctorants en science politique, lettres et civilisation, droit ou en d’autres disciplines voisines, nous faisons le constat que la recherche francophone, française en particulier, manque d’initiatives collectives en faveur des jeunes chercheurs de ce domaine. Hors des capitales ou des grandes métropoles mondiales, les universités peinent parfois à répondre à la concurrence des grandes universités bien positionnées dans le classement de Shanghai. Par ailleurs, l’ouverture à l’international plébiscitée ces dernières décennies a certes occasionné une prolifération des études de cas sur tel ou tel aspect particulier de la politique d’un État, mais n’a pas fait la part belle aux typologies et au comparatisme stricto sensu.

Pour tenter de répondre à notre échelle à ces problématiques globales, nous proposons à tous les jeunes chercheurs familiers de la méthode comparative appliquée au champ politique de faire valoir sa spécificité et son intérêt immémorial. C’est notre ambition que de parier sur l’entraide dans un environnement si compétitif, celui de la recherche universitaire, dans un monde si stimulant, celui de la science.

ISSN : 2680-3690


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